Robert Badinter, ex-ministre de la Justice, est décédé
- dodomolinier
- 10 févr. 2024
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L’ancien Garde des Sceaux sous la présidence de François Mitterrand est mort à l’âge de 95 ans. Un « hommage national » sera rendu a annoncé Emmanuel Macron.

Robert Badinter au forum de la Justice, 2011, Philippe Grangeaud Solfé Communications.
L’ancien ministre de la Justice, Robert Badinter, est décédé dans la nuit de jeudi à vendredi à l’âge de 95 ans. Emmanuel Macron a annoncé qu’un « hommage national » sera organisé « en lien avec la famille ». L’ex-garde des Sceaux a occupé de nombreux postes tout au long de sa vie ; avocat, sénateur, ministre, et même président du Conseil constitutionnel.
Robert Badinter avait notamment porté la loi du 9 octobre 1981, qui avait abolit la peine de mort. En plus de son combat contre la peine capitale, il a consacré son existence à lutter contre l’injustice, ayant vécu l’antisémitisme dès son enfance.
Mon enfance a pris fin le 10 mai 1940
Né à Paris, le 30 mars 1928, de parents juifs, l’arrivée d’Hitler au pouvoir bouleverse l’enfance du jeune Robert. Le 9 février 1943, le père de Robert, Simon Badinter est arrêté lors d’une rafle organisée par Klaus Barbie. Il est ensuite déporté vers Pithiviers, dont il ne reviendra pas. Avec sa mère, ils trouvent refuge à Cognin, dans la banlieue de Chambéry, jusqu’à la Libération.
Après des études de droit, il quitte la France pour compléter sa formation aux États-Unis. Il s’inscrit comme avocat au barreau de Paris en 1951 et débute sa carrière aux côtés de Henry Torrès, qu’il surnommait son « maître ». Il devient aussi professeur de droit dans diverses universités et se marie en 1966 à la philosophe Elisabeth Bleustein Blanchet, avec qui il aura trois enfants.
Un long combat contre la peine de mort
En 1977, lors de l’affaire Patrick Henry, jugé pour l’enlèvement et le meurtre de Philippe Bertrand, âgé de 7 ans, Robert Badinter décide de faire de ce procès celui de la peine de mort. Convainquant, le jury décide de condamner Patrick Henry à la réclusion criminelle à perpétuité. Une première victoire face à la peine capitale pour l’avocat.
Après la démission de Maurice Faure en 1981, Robert Badinter devient ministre de la Justice, sous la présidence de François Mitterrand. Alors que 63 % des Français étaient opposés à l’abolition de la peine de mort, il arrive tout de même à faire voter la loi.
Durant ces quatre années, il parvient également en 1982, avec l’aide de l’avocate Gisèle Halimi, à supprimer le « délit d’homosexualité » institué par le régime de Vichy. Nommé par François Mitterrand en 1986, il préside le Conseil Constitutionnel pendant 15 ans. Il devient ensuite sénateur entre 1995 et 2011, et voit en 2007 l’abolition de la peine de mort inscrite dans la Constitution.
Molinier Dorian



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